Rate
La rate, en latin lien, d'où les adjectifs splénique et liénal) est un organe fragile, profond, localisé dans l'hypochondre gauche en regard de la 10 e côte.
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Abdomen - Système lymphatique - Anatomie humaine par système
La rate (en grec ancien σπλήν (splēn) , en latin lien, d'où les adjectifs splénique et liénal) est un organe fragile, profond, localisé dans l'hypochondre gauche en regard de la 10e côte (côte splénique). Elle est par conséquent en position thoraco-abdominale.
Elle a deux rôles essentiels :
- rôle dans l'immunité, surtout l'immunité cellulaire, elle fait ainsi partie des organes lymphoïdes secondaires,
- rôle dans la régulation de la formation et de la destruction des éléments figurés du sang : on dit que la rate est le «cimetière des globules rouges». La rate est le lieu de l'hématopoïèse durant la vie embryonnaire (3 à 7 mois). Elle perd ensuite cette fonction, qui est reprise par le foie jusqu'à l'apparition, par la mœlle osseuse ensuite. En cas d'atteinte de la fonction hématopoïétique de la mœlle osseuse, on peut observer une reprise de l'hématopoïèse splénique.
De couleur rouge ou pourpre foncé, elle mesure en moyenne 12 cm x 8 cm x 4 cm pour un poids moyen de 200 g. Quand celle-ci augmente et qu'il devient envisageable de la palper, ce qui est normalemant impossible physiologiquement, on parle de splénomégalie. Dans ce cas-là elle peut peser jusqu'à 1, 5 kg et descendre jusque dans le bassin.
Morphologie
La rate comprend classiquement trois faces et une base :
- la face antérieure se trouvant en regard de l'estomac, on l'appelle par conséquent face gastrique. C'est sur celle-ci qu'est creusé le hile de la rate, région d'où entrent et sortent les vaisseaux ;
- la face latérale, en regard du diaphragme, c'est par conséquent la face diaphragmatique ;
- la base, en rapport avec l'angle colique gauche.
Le bord antérieur est crénelé, c'est ce dernier qu'on perçoit à la palpation lors d'une splénomégalie.
Constitution
La rate est entourée d'une capsule particulièrement fragile envoyant des cloisons conjonctives à l'intérieur du parenchyme splénique. Ce dernier est constitué de deux sortes de tissus :
- la pulpe rouge,
- la pulpe blanche correspondant à des follicules lymphoïdes, intervenant dans l'immunité. La rate est en effet le plus volumineux des organes lymphoïdes périphériques.
Vascularisation et innervation
La vascularisation artérielle de la rate se fait essentiellement par l'artère splénique (artère liénale). Celle-ci étant l'une des 3 branches du tronc cœliaque qui naît de l'aorte au niveau de la 12e vertèbre thoracique. Après un trajet particulièrement sinueux sur le bord supérieur du pancréas, elle pénètre dans le parenchyme par le hile en se divisant en deux branches supérieure et inférieure ; ceci explique l'existence de la splénectomie partielle. Par la suite ces branches se divisent en artères trabéculaires qui cheminent dans les travées conjonctives. Elles-mêmes donnent les artères centrales en sortant de la travée, qui s'entourent d'un manchon de pulpe blanche (en particulier lymphocytes T). L'artère centrale se poursuit et sort de la pulpe blanche pour donner des plus petites branches : les artères pénicillées. Celles-ci se finissent par des capillaires avec des sortes de bouchons qui entourent leur terminaison : ce sont les capillaires à housse. Ces capillaires terminaux sont obturés et il va y avoir des passages entre les cellules endothéliales terminales, et le sang va sortir des vaisseaux et traverser le parenchyme splénique pour rejoindre les sinus veineux. On a par conséquent une circulation fermée et une circulation ouverte.
La vascularisation veineuse se fait quant à elle par la veine splénique (veine liénale), qui rentre dans la constitution du tronc porte avec les veines mésentériques supérieure et inférieure.
Les vaisseaux lymphatiques sont localisés près des vaisseaux sanguins. Seuls des vaisseaux lymphatiques efférents existent à la rate. Des canaux lymphatiques extérieurs relient la rate à l'estomac (épiploon gastro-splénique), au pancréas (épiploon pancréas-splénique). Ces canaux jouent peut-être un rôle dans l'équilibre sodium / potassium du corps...
Les nerfs suivent les vaisseaux et essentiellement les artères. Ils expliquent les points de côté (douleur à l'effort par ischémie de la rate) et les coupures de souffle lors de chocs dans l'hypochondre gauche. Lors d'un traumatisme de la rate, on peut observer quelquefois une douleur projetée dans l'épaule gauche due à l'afférence sensitive commune au niveau de la mœlle épinière.
Pathologie
Du fait de sa grande fragilité, les traumatismes de la rate sont particulièrement habituels, surtout lors de traumatismes basithoraciques gauches.
Étant particulièrement vascularisée, une hémorragie pourra se produire consécutive à un hématome sous-capsulaire : en effet, la rupture de cette capsule est particulièrement fréquente. Ceci peut aboutir à la formation d'un hémopéritoine. La rupture de la rate sous effort violent est une complication rare mais caractéristique de la mononucléose infectieuse.
Expression
"Courir comme un dératé".
Les Anciens attribuaient à la rate de nombreuses propriétés dont celle de provoquer les points de côté et de nuire donc à la course. On croyait mais aussi les Anciens desséchaient la rate des coureurs et de leurs chevaux pour en perfectionner les performances. En réalité, l'ablation de la rate ne fût pratiquée que sur des chiens à la fin du XVIe siècle ; mais ceux-ci mouraient peu de temps après (il est tout de même envisageable à l'Homme de vivre sans rate aujourd'hui). On continua à imaginer malgré tout qu'un homme sans rate courait plus vite d'où l'expression, attestée dès 1750.
La rate dans la théorie archaïque des humeurs
Les Anciens disaient qu'en automne il fallait «faire rire la rate», en mangeant des racines (panais, radis noir, pissenlit... ). Ce qui permettait de mieux supporter le froid et d'être de meilleure humeur. La rate, selon la théorie des humeurs, servait en particulier à réguler les humeurs. Si on mangeait assez de racines, on évitait les dépressions liées à l'hiver. [1]
Images supplémentaires
Voir aussi
Références
- ↑ Hippocrate (préface de Émile Littré), Œuvres complètes, vol. 6, «de la Nature de l'homme»
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