Mammifère

Les mammifères forment un taxon inclus dans les vertébrés, habituellement une classe, définie dès la classification de Linné.


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Mammifère

Les mammifères (Mammalia) forment un taxon inclus dans les vertébrés, habituellement une classe, définie dès la classification de Linné. Ce taxon est reconnu comme monophylétique.

Les mammifères partagent des ancêtres communs avec les reptiles et les oiseaux (qui forment avec eux le taxon des amniotes). Ce taxon regroupe près de 5400 espèces, et selon les classifications scientifiques choisies sont distribués près de 29 ordres, 153 familles et 1200 genres[1].
De nombreuses espèces de mammifères sauvages, en dépit d'un statut d'espèce protégée figurent sur des listes rouges d'espèces menacées, surtout les grands carnivores. Certains font l'objet de plans de restauration ou de réintroduction.
De nombreux mammifères élevés par l'homme jusqu'au XIXe siècle (pour la traction animale, la viande, le lait, la laine ou comme animal de bât) ont disparu ou ont fortement régressé au profit de quelques espèces choisies pour leur productivité.
Quelques espèces sont devenues invasives, soit parce qu'introduites hors de leur biotope naturel ou suite à la disparition de leurs prédateurs naturels.

Description

Les mammifères sont en premier lieu caractérisés - comme leur nom le rappelle - par l'allaitement
La denture est un des éléments utilisés pour la classification des mammifères et pour leur évolution

Les mammifères, classe d'animaux vertébrés, vivipares (excepté les monotrèmes), qui sont caractérisés principalement par l'allaitement des jeunes, d'un cœur à quatre cavités, d'un dispositif nerveux et encéphalique développé, une homéothermie c'est-à-dire par une température interne constante et une respiration de type pulmonaire. Si leur température corporelle est normalement constante ainsi qu'aux alentours de 36 à 39 °C, les jeunes, certains marsupiaux, monotrèmes, xénarthres, mais aussi les mammifères qui hibernent présentent des températures variables. Quoique les mammifères soient originellement adaptés à la vie sur la terre ferme, certains se sont secondairement adaptés à la vie en milieu aquatique ou marin. Contrairement, par exemple, aux crocodiles ou aux sauriens, et quoique leur forme puisse beaucoup fluctuer selon les espèces, les membres des mammifères sont localisés verticalement au-dessous du corps, les désormais généralement plus haut comparé au sol.

On peut distinguer les mammifères par les caractéristiques physiques uniques de leur crâne supérieur et inférieur, de leur denture, de leur colonne vertébrale, par la présence de membres parasagittaux (exception faite de l'ornithorynque), les téguments et leurs formations annexes comme les poils qui ont évolué en piquants, en écailles, ou en plaquettes, certaines caractéristiques physiologies comme la ventilation pulmonaire efficace ou l'endothermie.

Crâne de synapside d'un reptile mammalien Légende : j : jugal ; p : pariétal ; po : postorbitaire  ; q : carré ; qj : quadratojugal ; sq : squamosal
L'Homme a le squelette le plus adapté à la bipédie, quoiqu'il est comparable à celui des grands singes
L'évolution a pourvu certains mammifères, telles les chauves-souris de capacités spécifiques telles que le vol ou l'écholocation
Certains mammifères terrestres, comme ces grands dauphins, ont évolué pour «(re) devenir» marins (cétacés, siréniens)
Pour mieux comprendre l'évolution des mammifères, la recherche paléontologique des «chaînons manquants» et l'étude des espèces atypiques (ici Ornithorhynchus anatinus) sont actuellement complétées par l'étude de l'ADN et ADN mitochondrial
L'étude paléontologique des mammifères qui ont disparu (ex.  : smilodon), et des causes de leur disparition peut nous éclairer sur les enjeux et conséquences des extinctions récentes ou actuelles, fréquemment directement dues à l'Homme

Le crâne des mammifères est synapside. Il possède deux condyles occipitaux donnant la possibilité l'articulation à l'os atlas, la première vertèbre cervicale.
Le volume de la boîte crânienne est important, en comparaison avec les reptiles par exemple, pour loger un encéphale et en particulier un cervelet plus important.
La cavité buccale est partagée en un étage olfactivo-respiratoire et un étage masticateur par une structure osseuse, ce qui permet la respiration et mastication simultanées. L'os carré a évolué pour devenir l'enclume[2] et avec le marteau et l'étrier, compose l'oreille moyenne.
La mâchoire est puissante et richement innervée. Elle est constituée d'un seul os dentaire, et qui forme la mâchoire inférieure, et s'articule avec l'os squamosal pour se mouvoir.

Les dents sont la partie la plus dure du squelette, c'est pourquoi de nombreux mammifères fossiles ne sont connus que par leurs dents, complétées quelquefois d'un fragment de mâchoire ou mieux toujours leur crâne. Les dents sont typiques de chaque espèce et permettent surtout d'évaluer le régime alimentaire des espèces auxquelles elles appartenaient. Comme chez leurs ancêtres mammaliens, la denture des mammifères a la particularité d'être :

  • thécodonte (dents implantées dans des alvéoles de la mâchoire)
  • hétérodonte (dents différenciées et spécialisées en incisives, canines, prémolaires et molaires), exception faite par exemple des Odontocètes redevenus homodontes et a fortiori des mammifères ayant perdu leur dents comme certains monotrèmes et paresseux.
  • diphyodontie (2 dentitions successives : la denture définitive remplace la denture lactée).

Les édentés ont perdu leurs dents.
Certains mammifères ont des dents à croissance continue (ex.  : castor)

La plupart des mammifères ont sept vertèbres cervicales, exception faite des lamantins, des paresseux didactyles qui en ont six et les paresseux tridactyles qui en ont neuf. Descendant des tétrapodes, ce sont des quadrupèdes, ou du moins il leur en reste des os vestiges comme chez les cétacés. La colonne vertébrale est différenciée, il y a présence de côtes et d'un diaphragme. Les membres antérieurs, comme chez les mammaliens sont à autopode dirigé vers l'avant. L'oreille interne est aussi particulièrement spécifique, cette particularité est fréquemment utilisée par les paléontologistes pour déterminer si un fossile est bien un mammifère.

Le pelage est une formation dermique caractéristique qui permet de la régulation thermique. Occasionnellemen, il a évolué pour former des plaques de protection comme chez les pangolins.

Le dispositif circulatoire et autres caractéristiques

Le cœur est idéalement divisé en deux oreillettes et deux ventricules. Ils possèdent tous des glandes lactéales, ils nourrissent tous leurs jeunes par du lait produit par les femelles. Les monotrèmes sont les seuls mammifères à ne pas posséder de mamelles.

Ils apportent des soins aux jeunes qui ne peuvent vivre sans l'aide de leurs parents la première période de leur existence.

Icône de détail Article détaillé : Histoire évolutive des mammifères.

Les plus anciens fossiles connus datent d'environ - 220 Ma au cours du Trias. La divergence avec les autres amniotes pourrait être plus ancienne. Les os de leur oreille moyenne sont clairement scindés de ceux de leur mâchoire inférieure, trait qui, dans l'évolution des espèces, les distingue des reptiles.

À la fin du Crétacé, durant le Maastrichtien, on n'a recensé jusqu'ici que 150 à 300 espèces de mammifères regroupées dans 27 familles, dont une dizaine de familles de marsupiaux, et une dizaine de placentaires[3]. Tandis que les dinosaures disparaissant massivement, les mammifères placentaires et marsupiaux connaissaient une explosion radiative majeure sans équivalent dans l'histoire des mammifères. La radiation évolutive des quelques espèces de mammifères concernées est due à certains caractères propres comme par exemple les ailes et le dispositif d'écholocation des chiroptères.

De nombreuses recherches, relancées par la génétique[4], nous permettent de comprendre comment s'est déroulée cette explosion radiative. Une des hypothèses les plus intéressantes est celle du groupement des afrothériens, qui regrouperait les restes d'une radiation s'étant déroulée sur le Gondwana à l'époque où il était scindé de la Laurasie. Les afrothériens regroupent les proboscidiens, les hyracoïdes, les siréniens, les tubulidentés, les macroscélides, mais aussi des familles classées dans les insectivora, les rats-taupes et les tenrecs et potamogales. Cette hypothèse regroupe des'petits'groupes, et expliquerait d'une manière unifiée leur réduction, à savoir la compétition des autres mammifères lors de la reconnexion avec l'Asie.

Selon cette hypothèse, une division ancienne des mammifères placentaires consisterait en quatre groupes, les afrothériens, les xénarthres (Amérique du Sud), les euarchontoglires (regroupant primates, dermoptères, scandentiens et glires) et laurasiathériens (chiroptères, cétartiodactyles, périssodactyles et insectivores stricto sensu), ceux-ci correspondant à la radiation en Laurasie.

Comme le nom l'indique (mammifère veut dire «qui porte des mamelles», du latin mamma «mamelle»[5]), les femelles de cette classe peuvent allaiter leur progéniture. Les glandes mammaires sont une évolution des glandes sudoripares qui donnent des champs mammaires chez les protothériens et de vraies mamelles chez les autres mammifères.

Le choix de Linné, de définir cette classe par la présence de glandes mammaires et non, par exemple, de poils, autre caractéristique de la classe, répond à la classification d'Aristote, qui avait repéré un ensemble de vertébrés quadrupèdes, vivipares et porteurs de poils. Mais cette classification d'Aristote avait l'inconvénient d'exclure les cétacés et les chiroptères, qui étaient alors classés respectivement parmi les poissons et les oiseaux. La découverte des monotrèmes (par exemple l'ornithorynque) est ultérieure (1798) à la définition de Linné (1758), mais elle a confirmé la pertinence de la classification opérée par le savant.

Le groupement des ordres placentaires entre eux est un sujet de recherche.

Le tableau indique une division correspondant plus ou moins aux ordres. Comme dans toute phylogénie, celle-ci reflète le savoir courant. Dans les zones d'incertitudes, citons la position des taupes dorées (ou rats-taupes, chrysochloridés) et des tenrecs (tenrécidés) qui pourraient devoir être scindés des insectivora.

La classification des mammifères est complexe. D'une manière simplifiée, on reconnaît trois grands groupes de mammifères, dont le regroupement correspond au type de placentation possédé par leurs représentants :

  • Les protothériens. Ce nom sert à désigner le fait que les animaux de ces espèces possèdent un placenta particulièrement imparfait. Ces animaux pondent des œufs non cléidoiques. Les petits, après éclosion, sont allaités par la mère. Il n'y a plus actuellement que 3 espèces dans ce groupe : l'ornithorynque (Ornithorynchus anatinus), l'échidné australien (Zaglossus sp. ), à courtes pattes ainsi qu'à long nez, et l'échidné d'Océanie (Tachyglossus sp. ), à longues pattes ainsi qu'à nez court.
  • Les métathériens ou marsupiaux. Ils ne sont plus représentés qu'en Australie, en Océanie et en Amérique du Sud. Leur particularité est de mettre au monde des fœtus qui ne sont pas à terme : ceux-ci doivent alors s'agripper aux poils pour rejoindre la poche ventrale, ou marsupium, où ils trouveront des mamelles qui les nourriront afin d'achever leur développement. Ce marsupium peut, selon les espèces, abriter le jeune plusieurs mois après que son développement soit arrivé à terme. Les représentants les plus connus sont les kangourous, les wallabies, les koalas, les opossums et les wombats. Seules quelques espèces d'opossums vivent en dehors de l'Australie. Sur cette dernière, les marsupiaux occupent la totalité des niches écologiques dévouées aux placentaires sur les autres continents : il existe des taupes marsupiales blanches, comme des rats-kangourous et des opossums arboricoles.
  • Les euthériens ou placentaires. Ils regroupent la totalité des autres mammifères. Leur principale différence avec les deux premiers groupes est qu'ils possèdent un vrai placenta, plus ou moins décidué selon les espèces, qui a pour rôle de nourrir l'embryon et le fœtus.

Nombre d'espèces de mammifères globalement menacées dans chaque pays en 2000 :      de 64 à 140      de 28 à 63      de 13 à 27      de 0 à 12

Parmi les mammifères, les placentaires sont les plus nombreux avec à peu près 5 100 espèces regroupées dans 114 familles ; viennent en second les marsupiaux qui comptent 270 espèces regroupées en 16 familles, et uniquement trois espèces en 2 familles pour les monotrèmes. Ils sont présents sur la totalité de la Terre, dans l'ensemble des types de milieux terrestres. Chaque année, pour à peu près 10 000 nouvelles espèces animales découvertes, cinq à dix uniquement sont des mammifères.

La discipline qui étudie les mammifères s'appelle la mammalogie.

Vous pouvez consulter ici une liste de mammalogistes.

  1. Wilson, D. E., and Reeder, D. M. (eds), Mammal Species of the World, Johns Hopkins University Press, 16/11/2005 (ISBN 0-801-88221-4)
  2. (en) Mammaliformes : Overview - Palæos
  3. Le Paléogène et la radiation des mammifères, Emmanuel Gheerbrant
  4. Frédéric Delsuc, Jean-François Mauffrey, Emmanuel Douzery, «Une nouvelle classification des mammifères», dans La Science, vol.  303, Janvier 2003 [texte intégral]
  5. (fr) Définitions lexicographiques et étymologiques de mammifère du CNRTL.

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"Le tigre est un mammifère"

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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 21/11/2009.
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