Luxation
La luxation, est définie par une perte de contact totale des surfaces articulaires d'une articulation ayant lieu au décours d'un traumatisme.
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Traumatisme
La luxation, est définie par une perte de contact totale des surfaces articulaires d'une articulation ayant lieu au décours d'un traumatisme. C'est une des urgences en chirurgie orthopédique dans le sens où l'intervention (par manœuvres ou par opération) doit intervenir rapidement. D'une part pour le risque de compression d'éléments nobles (vaisseaux, nerfs) mais également pour l'avenir de l'articulation (déformation articulaire, instabilité, arthrose). Elle peut être favorisée par une trop grande élasticité des ligaments nommée hyperlaxité. Dans le langage familier la luxation est nommée déboîtement. Quand la perte de contact n'est pas totale, on parle de sub-luxation, elle est fréquemment le fait d'instabilités articulaires chroniques. En ostéopathie, on évoque des luxations surtout au niveau vertébral mais c'est une expression pour décrire une douleur située sans qu'il y ait perte complète du contact articulaire.
Mécanisme
Le mécanisme le plus habituel est une chute à distance du foyer douloureux (luxation de l'épaule par chute sur la main), ou une sollicitation extérieure d'un membre comme une clef de bras (armlock). Le membre joue un rôle de levier qui augmente l'effort sur l'articulation.
Diagnostic
Les premiers éléments pouvant faire penser à une luxation sont :
- le mécanisme : choc, chute ;
- la douleur, apparue brusquement et située ;
- l'impotence fonctionnelle : il est extrêmement douloureux ou impossible d'effectuer certains mouvements même aidé ;
- la déformation : asymétrie des articulations fréquemment manifeste (l'articulation de gauche ne ressemble pas à celle de droite) ;
- la vision par le patient d'un craquement qui témoigne de la déchirure des sangles ligamentaires (mais c'est valable aussi pour une entorse grave) ;
- la vision par le patient lors du traumatisme d'un claquement ou alors d'un ressaut qui témoigne d'une sortie de l'os de son logement ;
- antécédent de luxation : quand une articulation a été luxée, elle est affaiblie et par conséquent la naissance d'une autre luxation au même lieu est probable.
Ces signes ne sont pas spécifiques et peuvent aussi indiquer une entorse ou une fracture, mais un examen clinique attentif fera la différence. À l'inverse, certaines luxations présentent des symptômes atténués, par exemple dans le cas d'une personne ayant des articulations souples (enfant, récidive de luxation).
Le seul examen pouvant indiquer sans ambigüité s'il y a luxation ou non est la radiographie.
Conséquences
La luxation est un déplacement ou un écartement de deux surfaces articulaires, accompagné d'une déchirure des ligaments, qui peut aller dans les cas extrêmes jusqu'à leur rupture ou à un arrachement osseux. Il y a par conséquent une fragilisation de l'articulation. De même, la luxation peut entraîner une fracture osseuse (exemple : fracture de la glène dans la luxation scapulo-humérale) qui fragilisera aussi l'articulation.
En outre, le déplacement de l'articulation peut pincer un nerf ou un vaisseau sanguin, ce qui peut provoquer des problèmes neurologiques aux membres (surtout aux extrémités) et d'alimentation sanguine (ischémie). Pour les membres, on aura une indication de tels problèmes si la personne présente :
- des troubles de la sensibilité (sensation de fourmillement, perte de sensibilité, sensation de décharge électrique) ou de la motricité des extrémités ;
- un pouls distal (radial ou pédieux) dissymétrique, complexe à sentir d'un côté ou alors absent, des pâleurs et froideurs aux doigts ou orteils.
Occasionnellemen, une luxation non détectée et par conséquent non réduite aura pour conséquence, sur le long terme, une reconstruction articulaire : une nouvelle articulation va se créer sur la nouvelle zone de contact articulaire sous la forme d'un creusement osseux, une mobilité approximative est alors retrouvée. Ce type de réarrangement osseux est le plus fréquemment observé sur les luxations de l'épaule et de la hanche.
Traitement
La luxation est un problème qui doit être traité par un médecin, c'est une urgence.
En attendant les secours
Il faut conseiller à la victime de ne pas bouger, et interdire à toute personne de tenter de bouger la victime sauf urgence vitale (dégagement d'urgence). Si la personne tombe inconsciente, il faudra la tourner en position latérale de sécurité du côté blessé.
Prompt secours
Le relevage et le transport (brancardage) doivent s'effectuer avec énormément de soin en évitant les à-coups.
Dans le cas d'une luxation de l'épaule, on posera une écharpe diagonale, ou on mettra un linge sous l'aisselle pour essayer de soutenir le poids du bras qui tire sur l'épaule. Dans les autres cas, l'immobilisation se fera avec le matelas immobilisateur à dépression.
Traitement médical
Réduction, contention. Il est particulièrement important d'utiliser des radiographies pour s'assurer que la luxation n'est pas accompagnée d'une fracture. Le plus souvent, une luxation de l'épaule demande 5 semaines d'immobilisation de l'articulation par l'intermédiaire d'une attelle type écharpe ou gilet GCI. traitements de la luxation
- sous anesthésie générale,
- réduction de la luxation en faisant revenir doucement l'extrémité luxée dans son compartiment d'origine,
- immobilisation de l'articulation en position de relâchement pendant 10 à 21 jours.
Formes topographiques
Toutes les articulations peuvent être le siège d'une luxation, mais certaines localisations sont plus fréquentes
Luxation de l'articulation temporo-mandibulaire (ATM)
Il existe 2 types de luxation de l'ATM :
- la luxation discale, c'est une altération fonctionnelle des ATM, caractérisée par la dislocation du complexe disco-condylien.
- la luxation condylienne ou luxation temporo-mandibulaire qui est une altération des rapports entre l'éminence temporale et le condyle mandibulaire.
La réduction se fait grâce à la manœuvre de Nélaton.
Luxations traumatiques de la ceinture scapulaire
- Luxation de l'épaule ou scapulo-humérale
La luxation scapulo-humérale ou gléno-humérale, le plus fréquemment antérieure "pure" mais peut s'accompagner d'une fracture de la grande tubérosité (ou trochiter) dans ce cas la réduction est la même, mais il faudra fixer le fragment au reste de l'humérus. Lorsqu'il n'y a pas d'arrachement osseux, la réduction doit être rapidement réalisée, pas tant pour l'avenir de l'articulation mais plutôt pour la moindre difficulté de réalisation. En effet de nombreuses techniques ont été décrites, la plus connue est celle d'Hippocrate, consistant à tirer sur le bras dans l'axe en plaçant le pied de l'opérateur dans l'aisselle du patient. Aujourd'hui cette technique se heurte à de nombreux échecs car source de douleurs importantes, hors la réussite d'une réduction dépend directement du relâchement musculaire du patient. Ceci explique la variabilité individuelle, certaines luxations de l'épaule se résolvant sans aucune anesthésie, ni sédation, simplement avec une analgésie légère, et d'autre se terminant au bloc opératoire sous anesthésie générale après plusieurs tentatives infructueuses (en particulier chez un sujet jeune et musclé pour lequel le relâchement musculaire n'a pas pu être obtenu). De toutes façons la réduction est un geste médico-chirurgical, les risques sont la blessure du nerf circonflexe qui détermine la sensibilité du galbe de l'épaule, il peut être abimé au moment du traumatisme comme lors du traitement et sa blessure doit être recherchée et consignée sur le dossier médical. Les autres blessures sont plus rares, signalons juste le risque de fracture de la tête humérale sur le bord de l'omoplate chez un patient âgé à os fragile. Tout ceci est valable pour la luxation en avant de l'omoplate mais il existe des luxations postérieures, par conséquent en arrière de diagnostic plus complexe (pouvant être une lésion traumatique suivant une crise d'épilepsie), et des luxations inférieures "erecta", le bras restant levé vers le ciel sans possibilité d'abaissement. Le déplacement étant spécifique, la réduction nécessite toujours une anesthésie générale. Les luxations répétées ou itératives ne guériront plus et nécessiteront une stabilisation chirurgicale pour éviter les récidives.
- Luxations de la clavicule
À son extrémité externe, ou disjonction acromio-claviculaire. C'est une lésion dont les conséquences changent énormément selon les patients, d'une simple gêne esthétique par une bosse à une impotence quasi-complète de l'épaule. Elle passe fréquemment inaperçue dans les polytraumatismes, ou quand la radiographie est mal réalisée, on porte un diagnostic de contusion de l'épaule mais celle-ci ne se perfectionne pas avec le temps. Dans les formes invalidantes une stabilisation chirurgicale peut être réalisée. À son extrémité interne, la clavicule peut se luxer en avant du sternum, généralement on ne perçoit pas la saillie sous la peau, car il existe un volumineux hématome, ou en arrière pouvant réaliser théoriquement une compression des structures profondes du thorax.
Luxation du coude
La luxation traumatique du coude est une lésion traumatique non rare, venant en second, derrière la luxation d'épaule.
Elle est généralement réduite sans retard chez de grands enfants, adolescents ou adultes jeunes.
Une lésion traumatique survenant chez un petit enfant ou un adulte plus âgé est plus probablement associée à une fracture.
Dans cet article, seule est évoquée, la luxation pure ou uniquement associée à un petit fragment osseux périarticulaires.
- Traitement
- La réduction du coude est faite sans retard par manipulation externe (en règle pas d'opération).
- Cette réduction "orthopédique" ne pose en règle pas de difficulté, volontiers sans anesthésie ni même sédation : en DOUCEUR+++.
Pronation douloureuse des jeunes enfants
- La pronation douloureuse s'observe chez le petit enfant (fille > garçon ?) retenu par la main, tiré vers le haut : "nursemaid's elbow" des anglophones.
- Elle correspondrait à une luxation de la tête du radius au niveau du coude suite à un mouvement en traction du bras.
- La réduction est aisée, la radio inutile pour un chirurgien légèrement expérimenté
- Un peu moins aisée (clic émoussé par œdème) au bout de 48 heures envisageable sans grosse difficulté ni douleur même si l'enfant fatigué est de plus en plus craintif.
- Tant que le coude n'est pas réduit, le petit enfant ne se sert plus de sa main : manœuvre de réduction simple et efficace d'Ombrédanne, puis on propose une friandise ou une curiosité à saisir avant de relâcher des "urgences"...
- Bien que commune (aux "urgences"... ), la disparition du stage en chirurgie obligatoire (chez Fèvre ou Ombrédanne... ) pour les médecins depuis 1968 a fait qu'un certain nombre de ces petits enfants se voient aujourd'hui posés avec un certain aplomb le diagnostic d'"hémiplégie", diagnostic y compris par des pédiâtres +++.
Main et poignet
Luxation des doigts
- Au niveau des articulations entre les phalanges, elles sont assez habituelles, et généralement simples à diminuer.
Il faut se méfier des blessures tendineuses occasionnées (en particulier sur le tendon extenseur). Le plus gros risque est de vouloir diminuer en force son doigt déformé sans comprendre précisément le déplacement, et d'engendrer une fracture.
- Au niveau des articulations entre phalanges et métacarpiens, elles sont plus rares et plus complexes, il arrive quelquefois qu'elles soient irréductibles par interposition de la plaque palmaire, fibrocartilage qui forme le socle articulaire à la face palmaire des articulations des doigts.
Luxation du pouce
La réduction n'est pas facile à obtenir, et le risque est au cours de la manœuvre d'intercaler un des 2 petits os sésamoïdes dans l'interligne articulaire rendant les mouvements impossibles et obligeant à opérer.
Au niveau du poignet
Il n'existe pas réellement de luxation du poignet, car généralement la totalité ligamentaire reste solidaire et c'est le plus fréquemment une fracture de l'extremité inférieure du radius, du cubitus qui se produit. Seul un osselet du carpe risque véritablement de se luxer, c'est le semi-lunaire, il faut toujours opérer pour le replacer. Les luxations entre le carpe et les métacarpiens sont peu habituelles, complexes à visualiser sur des radiographies (tableau de grosse main traumatique complètement impotente avec radiographies paraissant normales) et doivent être opérées.
Luxation de la hanche
- La luxation sur hanche saine est observée lors d'accidents de la route. **Non exceptionnelle, même sans fracture, elle est fréquemment associée à une fracture du bassin.
- La réduction en règle sous anesthésie générale et en particulier sans retard s'efforce de prévenir la nécrose de la tête du fémur.
- La luxation sur prothèse de hanche n'est pas exceptionnelle en rapport avec une erreur de positionnement des pièces plus fréquemment que d'indication.
Genou
Luxation de la rotule
Elle se produit toujours dans le même sens, la rotule allant se loger en haut et dehors de la trochlée fémorale. La réduction est simple, pouvant être réalisée par le patient lui même en mettant la jambe en extension et en empaumant la rotule pour la ramener vers le bas et l'intérieur. Une contention souple aide à la cicatrisation d'un ligament (aileron rotulien) interne, c'est lui qui en se déchirant autorise le déplacement.
Luxation du genou, fémoro-tibiale
Nécessite une anesthésie générale, elle peut se compliquer de contusion ou alors de rupture de l'artère poplitée qui passe derrière le genou. Aussi la première urgence est de traiter une ischémie post-traumatique du genou avant de s'occuper de l'articulation. La réduction obtenue, le genou doit être réévalué car il existe souvent des lésions des ménisques, des ligaments croisés, des ligaments latéraux et de la capsule articulaire, le genou se retrouvant en situation d'entorse grave.
Anse de seau ou languette d'un ménisque du genou
- L'"anse de seau" luxée, ne sort pas vraiment du cadre des luxations traumatiques dans le sens où elle est volontiers associée à d'autres lésions du genou Ligament croisé antérieur ou LCA.
- C'est assez souligner l'intérêt d'un diagnostic précis avant tout CLINIQUE devant tout "blocage" permanent du genou.
- Cette déchirure partielle d'un ménisque (en règle interne), anse de seau luxée au centre de l'articulation limite les cinq ou dix degrés derniers d'extension "blocage méniscal vrai")
- La réduction peut être obtenue (provisoirement probablement) en manipulant le genou pour faire "céder" en douceur (anesthésie locale aux USA... ) la partie coincée.
- En cas d'échec, en différant de quelques jours le traitement, le fragment revient volontiers à l'occasion d'un mouvement dans la position anatomique, *Sinon, il faut envisage sans tarder une arthroscopie pour restaurer le ménisque.
- Pour peu que l'examen clinique soit fait par un chirurgien expérimenté, il est exceptionnel que cette arthroscopie "découvre" une lésion associée "latente" (!) du LCA.
Luxation de la cheville et du pied
La luxation "pure" de la cheville, autrement dit tibio-astragalienne, est rare, le plus fréquemment c'est une fracture-luxation, autrement dit fractures des extrémités inférieures du tibia ou du péroné autorisant le déplacement du pied en arrière, en avant ou sur les côtés. La réduction doit être obtenue rapidement, la stabilisation des fractures se faisant secondairement. La luxation peut se produire sous l'astragale et entraine souvent des séquelles. L'astragale peut être "énucléé" avec issue de l'os à travers la peau, exemple de luxation ouverte. Les luxations entre tarse et métatarsiens doivent être réduites au bloc et stabilisées. Les luxations métatarso-phalangiennes suivent les mêmes principes qu'à la main. Les luxations entre les phalanges d'orteils ne posent généralement pas de problèmes.
Les luxations de la colonne vertébrale
Elles sont peu habituelles, la colonne subissant plus fréquemment des fractures et des tassements. Elles existent au niveau cervical avec un risque lorsque la luxation se produit en dessous de la 4ème vertèbre cervicale de tétraplégie, et un risque au dessus de la 4ème vertèbre cervicale de mort (le risque étant la compression ou rupture de la mœlle épinière, ainsi qu'à ce niveau se trouve le centre d'innervation du diaphragme qui régule la respiration autonome). À l'étage lombaire ou thoracique on ne décrit pas de luxations simples. Au niveau sacro-coccygien, il peut exister des luxations mais elles sont complexes d'interprétation sur des radiographies et le terme de luxation du coccyx est fréquemment utilisé abusivement pour décrire une blessure à ce niveau. La vertèbre Atlas est aussi susceptible de luxation. Voir aussi : Atlas (vertèbre) #Luxation de l'atlas
A part, la Luxation congénitale de la hanche
Elle touche les filles dans la proportion de six à huit pour un garçon. Elle affecte spécifiquement les Lapons, les Amérindiens Navajos, les Kabyles, les Inuits et les Bigoudens.
Cette anomalie du positionnement de la tête du fémur dans le cotyle est handicapante si elle n'est pas diagnostiquée par une échographie à l'âge d'un mois par un pédiatre attentif puis traitée en désormais les membres inférieurs du bébé fléchis, cuisses écartées, au moyen de langeage adapté et serré, ou d'un coussin de Becker ou d'un harnais.
Le portage peut régler le problème de luxation de la hanche chez l'enfant si la pathologie n'est pas trop sévère et que les parents d'enfants atteints prennent leur rôle de porteur au sérieux.
Voir aussi
Liens externes
- Luxation de l'épaule : prise en charge dans les stations de sports d'hiver, Le Généraliste n°2006, 15 février 2000
- Portage des bébés et Luxation congénitale de la hanche, Association Porter son Bébé
- Couches Orthopédiques, infos sur la dysplasie de la hanche
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"luxation de la rotule du genou" L'image ci-contre est extraite du site orthopedie.com Il est possible que cette image soit réduite par rapport à l'originale. Elle est peut-être protégée par des droits d'auteur. Voir l'image en taille réelle (272 x 363 - 8 ko - jpg)Refaire la recherche sur Google Images |
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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 21/11/2009.
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