Lapidation

La lapidation, du latin lapis, donnant le verbe lapidare, littéralement «tuer à coups de pierres» est une forme d'exécution, fréquemment utilisée à l'époque préchrétienne dans tout le bassin méditerranéen.


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Méthode d'exécution - Crâne - Système squelettique - Anatomie humaine par système

Martyre de Saint Étienne. Panneau du retable dit de Jacob et Etienne, peint en 1506 par Marx Reichlich   (de) (1460-1520)
(Provient d'un monastère au Tyrol, exposé à la pinacothèque de Munich).

La lapidation, du latin lapis (pierre), donnant le verbe lapidare, littéralement «tuer à coups de pierres» est une forme d'exécution, fréquemment utilisée à l'époque préchrétienne dans tout le bassin méditerranéen. Il s'agit de l'unique méthode d'exécution par torture toujours employée au XXIe siècle, par certains pays à majorité musulmane.

Historique

La lapidation s'applique comme peine capitale à l'adultère, au blasphème, au meurtre, à l'homosexualité, au viol ainsi qu'à la prostitution. Elle consiste à bombarder de pierres jusqu'à ce que mort s'en suive.

Dans l'idéologie judéo-chrétienne, citée dans l'Ancien Testament[1] et le Talmud comme peine capitale de l'adultère, elle est rejetée par le Nouveau Testament : Jésus empêche la lapidation d'une femme adultère et demande à ses accusateurs : «Que celui d'entre vous qui est sans péché lui lance la première pierre ![2]» De même, le Talmud prétend que Jésus faillit subir la lapidation (Sanhédrin, 43a). Saint Étienne le proto-martyr est le plus connu de l'ensemble des personnes lapidées. En Occident, cette forme d'exécution fut peu pratiquée.

Dans l'idéologie musulmane, le Coran ne mentionne pas la lapidation[3] comme peine, ni pour adultère ni pour quelque autre crime[4]. La charia appliquée dans certains pays s'appuie sur des hadiths, ou récits de la vie de Mahomet pour justifier cette peine[5].

Généralement cette forme d'exécution est publique, le supplicié est jeté dans une fosse ou enterré jusqu'à l'épaule. À tour de rôle ou en groupe les exécutants jettent des pierres de la taille d'un poing jusqu'à ce que mort s'ensuive. Le code pénal iranien chiite précise : Les pierres utilisées pour infliger la mort par lapidation ne devront pas être grosses au point que le condamné meure après en avoir reçu une ou deux. Elles ne devront pas non plus être si petites qu'on ne puisse leur donner le nom de pierre. La taille moyenne est choisie le plus souvent pour faire expier la faute par la souffrance[6].

À l'époque contemporaine

La mort par lapidation est un supplice auquel recourent toujours certains pays où est appliquée la charia : le Nigeria, l'Arabie saoudite, l'Iran, le Soudan, l'Afghanistan, le Pakistan, les Émirats arabes unis, le Yémen. Des cas de lapidation ont aussi été signalés au Kurdistan irakien et au Népal (commis par la guérilla maoïste népalaise). La condamnation à mort de Amina Lawal au Nigeria a été particulièrement médiatisée.

En Arabie saoudite

En Arabie saoudite, tout acte de sodomie commis par un non-musulman avec un musulman est passible de la lapidation[7], [8].

Au Kurdistan irakien

En 2007, Du'a Khalil Aswad, une jeune fille de 17 ans membre d'une tribu de Yézidi, non musulmane, fut lapidée à mort au Kurdistan irakien à la demande de son oncle car celle-ci était tombée amoureuse d'un musulman. Ce lynchage qui en l'occurence ne se réfère pas du droit musulman, a été fait en présence de policiers du gouvernement régional du Kurdistan autonome. Toute la scène a été filmée avec téléphones portables et diffusée sur Internet[9].

Lutte contre la lapidation

La lapidation est condamnée par de nombreux groupes, religieux ou laïques, pour des raisons diverses. Certains groupes, comme Amnesty Mondial et Human Rights Watch, sont opposés à toute forme de peine de mort.

Notes et références

  1. Deutéronome 22.  22-29
  2. Jean 8.  2-11
  3. lapidation en arabe : rajm, ???, caillassage : lapidation.
  4. La femme convaincue d'adultère par quatre témoins doit subir un emprisonnement à vie (Le Coran, «Les Femmes, IV, 15» ( (ar) ‎??????‏) ), peine quelquefois interprétée comme un emmurement mortel. Dans d'autres passages la peine pour les deux protagonistes est de cent coups de fouets (Le Coran, «La Lumière, XXIV, 2» ( (ar) ‎?????‏) ), peine peut-être mortelle.
  5. (en) Bukhari, Volume 4, Book 56, Number 829, mais dans ces hadiths, la peine de lapidation est appliquée à des Juifs en référence au Deutéronome.
  6. (en) Code pénal iranien
  7. Anne Chemin, «Mobilisation mondiale contre la pénalisation de l'homosexualité», 17.5.2009. Consulté le 4.6.2009
  8. (en) [pdf] Daniel Ottosson, «State-sponsored Homophobia», mai 2008, Mondial Lesbian and Gay Association (ILGA), p.  33. Consulté le 19.6.2009
  9. Reportage de l'émission Temps présent, Télévision suisse romande, [1]

Annexes

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